Maxence Voiseux à Cannes 2026

Maxence Voiseux à Cannes 2026 : l'émergence d'un documentaire-fresque
Maxence Voiseux a fait son entrée remarquée au Festival de Cannes 2026 avec Gabin, un premier long-métrage documentaire tourné sur dix ans, présenté à la Quinzaine des cinéastes. Le film a été salué comme l'un des coups de cœur de la sélection, marqué par une relation de confiance exceptionnelle entre le cinéaste et son sujet, et par une écriture patiente, éthique et profondément cinématographique.
Contexte de la présence cannoise
Édition : 79ᵉ Festival de Cannes, mai 2026.
Section : Quinzaine des cinéastes (programme parallèle indépendant, réputé pour son attention aux premiers films et aux formes audacieuses).
Statut du film : premier long-métrage de Maxence Voiseux, candidat à la Caméra d'or (prix du meilleur premier film toutes sections confondues).
Durée et diffusion : 1 h 45 ; sortie en salles prévue le 18 novembre 2026 (Arizona Distribution).
Le film Gabin
Gabin suit, entre ses 8 et ses 18 ans, un garçon du Nord de la France (Artois, près d'Arras), fils d'un père boucher et d'une mère éleveuse. Le documentaire saisit les années charnières où se dessinent l'émancipation, les choix d'orientation et les tensions de la filiation, sans réduire les personnages à un destin socio-économique.
Dès l'enfance, Gabin exprime le désir de « faire un métier avec des animaux vivants », tout en refusant de reprendre la boucherie paternelle ou de devenir fermier, ce qui met en jeu loyauté familiale et désir d'ailleurs. Le film articule grands moments de vie et séquences plus intimes, jusqu'au départ de Gabin pour le Canada, présenté comme une émancipation « franche et douce », sans rupture ostentatoire.
Une genèse en trois temps
La présence de Voiseux à Cannes s'inscrit dans une trajectoire cohérente avec la famille Jourdel :
2014 : Des hommes et des bêtes (court de fin d'études, Fémis) tourné avec le grand-père de Gabin.
2015 : Les Héritiers (moyen métrage) centré sur Dominique, le père, et ses frères ; Gabin y apparaît à 8 ans.
2016–2026 : Gabin, qui démarre formellement vers 10 ans et demi et s'étire jusqu'à 18 ans, intégrant parfois des images antérieures.
Voiseux explique avoir appris à filmer, placer sa caméra et monter « avec cette famille », développant une confiance qu'il juge « totalement unique ».
Méthode de tournage et posture éthique
Le réalisateur a tourné plus d'une centaine de jours, répartis sur plusieurs années, en préparant en amont les séquences (lieux, interlocuteurs, thèmes comme l'émancipation ou la transmission). Il construisait le film « comme un romancier », en suivant l'évolution des relations et en laissant la famille amener des éléments qui dépassaient ses hypothèses.
Sur le plan éthique, Gabin pouvait signaler les moments gênants qu'il ne souhaitait pas voir apparaître ; certains proches (dont deux grands frères) sont ainsi absents du montage final. Voiseux décrit le processus documentaire comme une « molécule » ou une « enzyme » qui accélère la vie et la pensée sans les forcer, en nourrissant les désirs de chacun.
Réception à Cannes et retours des protagonistes
Gabin a été décrit comme un « trésor » de la Quinzaine, avec un volume d'applaudissements notable lors de sa projection. La presse y voit un portrait « plein d'amour », une « odyssée rurale » et un « Boyhood triomphant » du documentaire français.
Les premiers visionnages en famille ont été intenses : la mère s'interroge sur ce qu'elle a transmis, le père est très touché, Gabin redécouvre son regard d'enfant et comprend mieux ses parents. Une scène où le père pleure lors d'une discussion avec son frère a particulièrement marqué Gabin et modifié, depuis, leurs échanges.